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L’entrepreneur bénéficie volontiers d’une image presque glamour ou romanesque. On célèbre sa prise de risque ou sa vision. En réalité, le quotidien de la majorité des dirigeants rime davantage avec survie qu’avec gestion de la croissance. Dès que les clients paient en retard, les charges tombent ou l’activité ralentit, et l’incertitude devient la norme des TPE et indépendants.
Entreprendre ne se résume pas à avoir une idée, ni même à savoir la vendre. Fin avril, la Banque de France recensait 70 228 défaillances d’entreprises sur les douze derniers mois. Un record qui rappelle que chaque défaillance est d’abord une histoire de trésorerie en tension, de gestion délicate ou de pilotage insuffisant.
Dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront pouvoir recevoir des factures électroniques. Perçue comme une énième obligation bureaucratique, cette évolution peut devenir un formidable levier de simplification : moins de paperasse, plus de traçabilité et de fiabilité dans les flux, et donc une gestion plus lisible.
Anatomie de l’entrepreneur
L’entrepreneuriat est trop souvent réduit aux fondateurs de start-up de la French Tech, aux levées de fonds des licornes et aux accélérateurs. Or, le tissu entrepreneurial français repose d’abord sur des activités de subsistance, de reconversion et de proximité – coiffeur, électricien, consultant, commerçant – souvent modestes, parfois précaires, mais essentielles à l’économie réelle. Sur les 1,2 million de créations d’entreprises en 2025, 65 % étaient des micro-entrepreneurs.
Beaucoup de créateurs démarrent sans équipe, sans trésorerie confortable et sans compétence de gestion. Leur motivation ne suffit pas toujours à combler un déficit de connaissances ou d’outillage. Mais bien accompagnés, ces derniers seront les TPE, PME, et ETI de demain.
La gestion, grande absente des programmes scolaires
L’école nous apprend à lire, compter et rédiger. Mais suivre sa trésorerie, éditer une facture, construire un prévisionnel et provisionner la TVA sont des compétences aux abonnés absents des manuels scolaires. Elles mériteraient d’intégrer le socle commun, tout comme la gestion des finances personnelles.
Dans les premières étapes de la création d’entreprise, des dispositifs d’accompagnement existent : chambres de commerce, réseaux d’entrepreneurs et formations à la création. Une fois l’activité lancée, le soutien est discontinu et le besoin change. Il ne s’agit plus de “bien démarrer” mais de gérer au quotidien.
En 2025, près de 86 % des entreprises françaises ont été confrontées à des retards de paiement et 55 % des TPE ont jugé leur impact très important, voire critique. Pour une petite entreprise, quelques jours de retard peuvent signifier des salaires repoussés, des investissements bloqués, etc. Des situations stressantes qui pourraient être mieux vécues grâce à la digitalisation de la gestion, devenue essentielle.
L’hygiène de la gestion, une condition de survie
Pour assurer sa résilience, une entreprise doit être en mesure de connaître sa situation en temps réel : combien d’argent est réellement disponible, quelles sont les factures en attente, y-a-t-il des impayés à relancer, des charges à anticiper, etc. Si les réponses à ces questions sont floues, l’entreprise navigue à vue. Et cela peut se payer cher, en trésorerie comme en opportunités perdues.
S’imposer une “hygiène de gestion” n’est pas un luxe de PME structurée. C’est une condition de survie pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Des solutions digitales de pré-comptabilité et de pilotage simplifié offrent gain de temps, réduction des erreurs et transforment la gestion en réflexe quotidien plutôt qu’en rattrapage d’urgence. Sans remplacer l’expert-comptable, elles donnent au dirigeant une vision claire, immédiate et opérationnelle pour anticiper les potentiels problèmes.
La réforme de la facturation électronique : une contrainte et une opportunité
Dans un contexte économique incertain, la réforme de la facturation électronique représente avant tout une réforme de la productivité concourant à une gestion plus saine. La résilience d’une entreprise tient à la discipline, méthode et capacité de la piloter avec des outils adaptés, des indicateurs clairs et une culture de gestion mise en place dès les premiers jours de l’aventure entrepreneuriale.
François Aupetit
Co-fondateur et PDG d’Evoliz


