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Le nouveau générateur d’images de Meta Superintelligence Labs impressionne par ses performances. Mais un paramètre activé par défaut permet de fabriquer des images à partir du visage de n’importe quel compte Instagram.
Meta tient enfin son générateur d’images. Baptisé Muse Image, il produit des visuels réalistes et fonctionne déjà dans l’application Meta AI, sur Instagram et sur WhatsApp. Le groupe l’accompagne d’un aperçu de son pendant vidéo, Muse Video. Mais l’annonce arrive avec un revers qui occupe déjà tout le débat : n’importe quel utilisateur peut mentionner un compte public Instagram dans un message et se servir de ses photos pour générer une image portant le visage de son titulaire.
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Données publiques : le pari risqué de Meta en Europe
Les deux modèles sortent de Meta Superintelligence Labs, la division dirigée par Alexandr Wang, fondateur de Scale AI arrivé dans l’entreprise il y a un peu plus d’un an. Ce laboratoire interne incarne le pari personnel de Mark Zuckerberg : hisser Meta au niveau d’OpenAI, d’Anthropic et de Google sur l’intelligence artificielle. Le groupe y a englouti des milliards de dollars, et Muse figure parmi les premiers produits concrets qu’il peut mettre en avant.
Un générateur « agentique » qui vérifie et corrige son propre travail
Muse ne fonctionne pas comme les générateurs classiques, qui convertissent directement un texte en image. Meta le qualifie de système « agentique ». Avant de produire un visuel, il peut consulter le web pour vérifier une donnée ou une référence, ou écrire et exécuter du code afin de réussir un graphique, une typographie ou un code QR.
Le modèle relit aussi son propre travail. Face à un défaut mineur, il corrige le seul détail fautif ; face à une erreur plus lourde, il recommence. Meta affirme ne pas avoir programmé ce comportement : il a émergé pendant l’entraînement, le modèle étant mieux noté lorsqu’il s’autocorrigeait. Plus on lui laisse de temps de calcul pour « réfléchir », meilleur est le résultat, un schéma déjà observé sur les modèles de langage récents.
Muse Image deuxième du classement Arena AI
Ces choix techniques placent Muse Image à la deuxième place du classement Arena AI, qui mesure les préférences humaines en génération et en édition d’images. Il devance ainsi tout le marché à l’exception de GPT Image 2, d’OpenAI, et se hisse au niveau de Nano Banana, de Google. Muse Video, lui, se classe troisième en génération de vidéo à partir de texte.
La disponibilité reste inégale selon les plateformes et les pays. Muse Image est actif dans l’application Meta AI, sur meta.ai, dans les Stories d’Instagram aux États-Unis et sur WhatsApp dans certains pays ; Facebook suivra « prochainement ». Muse Video n’est pour l’instant proposé qu’en bêta à des créateurs sélectionnés. Pour distinguer ses images de photos ordinaires, Meta appose sur chaque création un filigrane invisible, Content Seal, présenté comme résistant aux recadrages, aux compressions et même aux captures d’écran.
Comment désactiver l’usage de vos photos Instagram par Meta AI
Le point de friction se situe sur Instagram. Une simple arobase devant un compte public suffit : le système récupère les photos publiques du profil visé et s’en sert de référence pour fabriquer une image inédite portant le visage de la personne. Connaître le nom d’utilisateur suffit.
Or la fonction est activée par défaut sur tous les comptes publics. Pour s’y soustraire, il faut agir manuellement : ouvrir son profil, entrer dans le menu Paramètres et activité, puis, dans la rubrique Partage et réutilisation, désactiver les options concernant les publications et les reels pour Meta AI. Aucun signal ne permet par ailleurs de savoir si son visage a servi à générer une image. Meta le reconnaît sans détour : l’utilisateur ne reçoit aucune notification.
Le RGPD, prochain terrain d’épreuve en Europe
C’est en Europe que cette mécanique sera la plus scrutée. Le Règlement général sur la protection des données impose un consentement explicite pour traiter des données identifiant une personne, et fabriquer une image à partir d’un visage relève clairement de cette catégorie. À ce jour, Meta n’a annoncé aucun ajustement spécifique pour l’Union européenne, un marché où l’entreprise accumule déjà les contentieux sur sa façon de solliciter, ou d’ignorer, l’accord de ses utilisateurs.


