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Anne Hidalgo n’a plus d’électeurs, plus de mandat, plus de bureau à l’Hôtel de Ville. Mais son agenda reste plein, entre Bruxelles où elle s’est installée au printemps et l’Espagne où elle est attendue. Elle visait Genève et la direction de l’agence des Nations unies pour les réfugiés, que l’ONU a confiée à un autre en décembre. Ses années à la tête de Paris viennent de la rattraper autrement.
Trois familles ont porté plainte contre elle en août
Trois familles d’enfants victimes de violences sexuelles dans le périscolaire parisien ont déposé plainte les 24 et 25 août 2026 contre Anne Hidalgo et Patrick Bloche, selon Le Figaro.
Le périscolaire désigne tout ce qui entoure la classe sans en faire partie : la garderie du matin, la cantine, les ateliers du soir, les activités du mercredi. Les animateurs qui l’encadrent sont employés par la Ville de Paris, et non par l’Éducation nationale. Voilà pourquoi les plaintes visent d’anciens élus municipaux.
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Le chef retenu est la non-assistance à personne en danger, un délit puni de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende par l’article 223-6 du code pénal. Il sanctionne celui qui, informé d’un danger, s’abstient d’intervenir. Aucune participation aux faits eux-mêmes n’est reprochée aux deux anciens élus.
Quatre enfants sont concernés, sur trois séquences distinctes, d’après les informations recoupées par l’AFP, Yahoo Actualités et upday News. Deux d’entre eux entre septembre 2022 et août 2025. Un troisième entre août et décembre 2025. Un quatrième entre septembre 2025 et janvier 2026, à l’école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement.
L’avocate des familles, Me Lise-Honorine Bornes, met en cause les deux anciens responsables municipaux pour avoir eu, selon ses termes, « pleinement conscience d’un péril grave et imminent ». Elle a employé le mot « omerta ». Pour que le délit soit constitué, il faudra prouver que les deux élus savaient, ce qui ne se confond pas avec une défaillance des services de la Ville.
Une plainte ne vaut ni mise en examen ni condamnation. Le parquet de Paris n’a pas fait connaître les suites qu’il entend donner à ces trois dépôts. Anne Hidalgo a quitté ses fonctions cinq mois plus tôt, le 29 mars 2026.
Bruxelles, le poste qu’elle occupe depuis le 5 mai
Le 29 mars 2026, jour de l’installation du nouveau Conseil de Paris, Anne Hidalgo a quitté l’Hôtel de Ville après deux mandats entamés en 2014. Moins de quatre mois plus tôt, l’ONU avait écarté sa candidature à Genève.
Le 5 mai, elle arrivait à Bruxelles pour y poursuivre son rôle de « Global Ambassador » de la Global Covenant of Mayors for Climate & Energy, selon le communiqué de cette organisation. Le GCoM, en français Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie, rassemble environ 14 000 villes qui s’engagent volontairement à réduire leurs émissions. L’alliance ne dispose d’aucun moyen de contraindre ses membres. Anne Hidalgo y joue un rôle de représentation et de plaidoyer, sans autorité hiérarchique sur personne.
Elle conduit cette mission avec C40 Cities, réseau des grandes métropoles engagées sur le climat, avec Bloomberg Philanthropies, la fondation de l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, et avec la Commission européenne.
Son premier chantier porte sur le financement de l’adaptation climatique dans les villes du Sud global, autrement dit sur l’accès des municipalités d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine aux fonds internationaux destinés à financer digues, réseaux d’eau ou plans anti-canicule. Elle travaille aussi à la reconstruction verte des villes ukrainiennes et à la promotion du logement abordable, dossier qui prolonge l’encadrement des loyers qu’elle avait imposé à Paris.
Anne Hidalgo présidait le C40 avant la fin de son mandat. Elle retrouve à Bruxelles des interlocuteurs qui la connaissent et un bilan qu’ils lui reconnaissent, celui de la piétonnisation des voies sur berge et de la zone à faibles émissions.
Depuis mai, elle enchaîne les conférences internationales sur l’adaptation des villes au réchauffement. Des déplacements sont annoncés en Espagne.
Le communiqué du GCoM ne précise ni la durée de ce mandat d’ambassadrice, ni son caractère rémunéré ou bénévole. L’organisation n’avait pas répondu à nos questions sur ce point à la date de publication.
Genève lui a préféré un ancien président irakien
Le 20 avril 2025, La Tribune Dimanche écrivait qu’Anne Hidalgo s’était positionnée pour diriger le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Basée à Genève, cette agence de l’ONU protège et assiste les personnes déplacées par les guerres et les persécutions. Son patron, l’Italien Filippo Grandi, achevait son mandat le 31 décembre 2025.
Emmanuel Macron lui apportait un soutien de principe. Elle est allée au bout de la procédure et a passé un entretien fin 2025.
Le 11 décembre 2025, le secrétaire général des Nations unies António Guterres a tranché en faveur de Barham Salih, ancien président de la République d’Irak. Une source interne au HCR, citée par Le Figaro et Gala, a indiqué qu’elle n’avait « jamais été considérée comme une candidate au niveau requis ». La formule vient d’une source anonyme. Le HCR n’a pas commenté publiquement son processus de sélection.
Au PS, elle soutient Delafosse contre Faure
Le 22 mars 2026, au soir du second tour des municipales, Anne Hidalgo a salué la « belle victoire » de la gauche parisienne, malgré des mois à tenter de savonner la planche de son successeur Emmanuel Grégoire.
Son ancien premier adjoint a été élu maire de Paris avec 50,52 % des voix, devant Rachida Dati (41,52 %) et Sophia Chikirou (7,96 %), selon les résultats du ministère de l’Intérieur relayés par Le Figaro, RTL et Le Monde.
Au Parti socialiste, Anne Hidalgo entend continuer à défendre « en militante » la ligne sociale-écologique portée par Michaël Delafosse, maire de Montpellier. Cette ligne défend un socialisme de gouvernement, articulant justice sociale et transition écologique, sans alliance avec la gauche radicale.
Un mois avant ce second tour, en février 2026, l’ancienne maire avait dû s’expliquer publiquement sur les violences sexuelles commises dans le périscolaire parisien. L’affaire était déjà dans la campagne.
Ce que les familles reprochent à l’ancienne maire
Les faits visés par les trois plaintes courent de septembre 2022 à janvier 2026. Ils commencent au milieu du second mandat d’Anne Hidalgo, entamé en 2020, et s’arrêtent deux mois avant qu’elle ne quitte l’Hôtel de Ville.
Patrick Bloche a occupé les fonctions de premier adjoint chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles d’octobre 2017 à mars 2026. Sa délégation couvrait, entre autres, les activités périscolaires. Elle n’a connu aucune interruption pendant les quarante mois visés par les plaintes, argument sur lequel les familles s’appuient pour établir que l’alerte avait le temps de remonter.
Interrogée en février 2026, Anne Hidalgo avait déclaré assumer « une part de responsabilité » administrative, tout en récusant toute passivité personnelle. Elle séparait alors les manquements des services municipaux de ses propres décisions.
C’est cette seconde affirmation que les plaintes des 24 et 25 août contestent, puisque le délit visé suppose d’établir que l’élue savait.
Le nombre total de victimes recensées dans le périscolaire parisien n’a pas été rendu public, pas davantage que l’identité ou le statut du ou des auteurs présumés. Les faits exposés ici se limitent aux quatre enfants des trois familles plaignantes.
Ce que le parquet de Paris décidera
Le parquet de Paris peut classer les trois plaintes sans suite, ou ouvrir une enquête préliminaire confiée à la police judiciaire. Les familles disposent d’une troisième voie : en se constituant parties civiles, elles obligent la justice à désigner un juge d’instruction, et la décision échappe alors au procureur. Me Lise-Honorine Bornes n’a pas précisé quelle forme ont prise les dépôts des 24 et 25 août.
Convoquer Anne Hidalgo pour une audition suppose qu’elle se trouve en France, alors qu’elle enchaîne les déplacements à l’étranger depuis le 5 mai. Rien ne l’empêche de revenir. Le calendrier, lui, ne dépendra plus d’elle.
Patrick Bloche est visé par les mêmes plaintes, aux mêmes chefs, sur la même période. Les enquêteurs devront démêler qui savait quoi entre la maire et son adjoint à l’éducation, question sur laquelle les deux défenses risquent de diverger.
En décembre 2025, le HCR avait écarté sa candidature sur l’appréciation de son profil. Toute organisation qui l’envisagerait demain pour une fonction internationale devra compter avec une procédure ouverte à Paris, même si aucune mise en examen n’intervient.
Ni Anne Hidalgo ni Patrick Bloche ne s’étaient exprimés publiquement sur ces plaintes à la date du 27 août 2026. Le GCoM maintient l’agenda de son ambassadrice, attendue en Espagne pour ses prochaines interventions.


