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Faute d’une place dans une faculté française, des centaines de jeunes Français partent chaque année étudier la pharmacie de l’autre côté d’une frontière. Ils reviennent ensuite s’installer derrière un comptoir français, là où ils n’avaient pas trouvé de place pour étudier. Le pays qui n’a pas pu les former compte désormais sur eux pour tenir ses officines. Un aller-retour, dont dépend une part croissante de la pharmacie de quartier.
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Un pharmacien sur douze formé hors des frontières
Sur les 2 927 pharmaciens qui se sont inscrits à l’Ordre national des pharmaciens en 2024, 238 avaient décroché leur diplôme hors de France. Ils représentent 8,1 % de la promotion. Leur nombre a progressé de 7,6 % en un an, et de 123,8 % depuis 2014.
L’Ordre compte à son Tableau 1 296 pharmaciens de nationalité française formés à l’étranger, soit 53,3 % de tous les praticiens à diplôme étranger en activité dans le pays. Ces Français revenus au comptoir sont donc plus nombreux que les pharmaciens de nationalité étrangère installés en France.
La Belgique forme, l’Europe du Sud accélère
Près de la moitié de ces diplômés, 46,7 %, sortent des facultés belges. Frontalière et francophone, la Belgique capte l’essentiel du flux. La Roumanie, sans frontière commune avec la France, la suit avec 26,6 %. À elles deux, elles délivrent près des trois quarts des diplômes obtenus au sein de l’Espace économique européen (EEE), France exclue.
L’Espagne compte désormais 56 de ses diplômés installés en France, 15,5 % de plus qu’un an plus tôt. Le Portugal fait mieux encore, avec une hausse de 87 % sur douze mois, pour 23 praticiens.
Du diplôme roumain au comptoir de quartier
Parmi les 840 pharmaciens français partis se former à l’intérieur de cet espace européen, 85,6 % travaillent en officine à leur retour, soit 719 praticiens. Parmi eux, 424 dirigent leur propre pharmacie comme titulaires ; les 295 autres sont adjoints salariés. Sortis des facultés belges, roumaines ou ibériques, ils s’installent pour la plupart derrière un comptoir de quartier.
La France métropolitaine a enregistré 260 fermetures d’officines en un an, quand le nombre de titulaires y reculait de 11,4 % en dix ans. Ces 719 praticiens formés en Europe amortissent une partie de ce retrait.
Le concours a disparu, les quotas sont restés
En 2021, la France a supprimé le numerus clausus, au profit des parcours PASS et LAS. Les universités restent pourtant plafonnées par un objectif national, fixé à 17 065 étudiants en pharmacie à former entre 2021 et 2025. Ce que ces facultés ne forment pas, les diplômés revenus de l’Union européenne le compensent.
Un quart des nouveaux diplômés de 2024, 25,2 %, se sont installés en Île-de-France. Les praticiens formés à l’étranger y représentent 10,5 % des pharmaciens hospitaliers et 15,5 % des biologistes médicaux.
À Bruxelles, à Bucarest et dans les facultés du sud de l’Europe, les cursus en français destinés aux bacheliers de l’Hexagone continuent de s’ouvrir.


