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En juin 2024, l’agence fédérale américaine de sécurité routière imposait le rappel de 1,2 million de Jeep, Ram et Chrysler en Amérique du Nord, parce que leur écran restait noir au moment de reculer. Vingt-six mois plus tard, les propriétaires de Jeep Compass, de fourgons Ram ProMaster et de monospaces Chrysler Pacifica reçoivent la même consigne. À Wall Street, le titre du groupe Stellantis a perdu près de 48 % depuis le 1er janvier et touché lundi son plus bas niveau depuis un an. Personne, chez le constructeur, n’a dit ce qui avait changé entre les deux campagnes.
Stellantis a annoncé le 17 août 2026 le rappel de 955 000 véhicules dans le monde, selon l’agence Reuters. Le constructeur vise le logiciel qui pilote l’autoradio et l’écran central. Quand le conducteur engage la marche arrière, l’image filmée par la caméra peut ne pas s’afficher.
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Stellantis ne remplace aucune pièce. La caméra fonctionne, mais le programme chargé d’envoyer son image vers l’écran du tableau de bord comporte une erreur. Ce même programme équipe des véhicules qui n’ont rien d’autre en commun, du monospace familial au fourgon de livraison.
Aucun accident ni blessure n’a été recensé à ce stade, selon Stellantis. Le groupe recommande aux automobilistes privés d’image d’utiliser leurs rétroviseurs intérieur et extérieurs en attendant la mise à jour. La consigne s’adresse à des conducteurs de voitures neuves.
Du ProMaster au Wrangler, un défaut commun
Stellantis vise des véhicules des millésimes 2026 et 2027, c’est-à-dire des modèles produits pour ces deux années commerciales, tous issus de ses gammes nord-américaines : Chrysler Pacifica, Pacifica hybride rechargeable et Voyager, Dodge Charger, six Jeep (Cherokee, Compass, Gladiator, Grand Cherokee, Grand Wagoneer et Wrangler), pick-up Ram 1500 et 2500, utilitaire ProMaster.
Les États-Unis absorbent 848 511 unités. Le Canada en compte environ 82 869, le Mexique 7 969, et 15 736 autres se répartissent hors d’Amérique du Nord. Aucune version européenne ne figure dans la campagne, qui porte sur des équipements réservés au marché nord-américain.
Un monospace, un pick-up d’une tonne, un 4×4 tout-terrain et un fourgon de livraison reçoivent la même correction. Quatre marques du groupe partagent donc un logiciel identique, celui-là même que Stellantis avait déjà corrigé deux ans plus tôt sur une partie de ces gammes.
Washington l’impose depuis mai 2018
La NHTSA, l’agence fédérale américaine de sécurité routière, a édicté en 2014 la règle qui impose la caméra de recul sur toutes les voitures neuves vendues aux États-Unis, applicable depuis mai 2018. L’agence avait chiffré son motif : 210 morts et 15 000 blessés par an en moyenne dans des collisions survenues en marche arrière avant l’entrée en vigueur du texte.
Depuis cette date, l’écran qui montre l’arrière du véhicule appartient à la même catégorie d’équipements obligatoires que l’airbag ou la ceinture. Un affichage défaillant déclenche donc une procédure de rappel, même sans plainte déposée ni accident déclaré.
Chaque défaut laisse ainsi une trace officielle. Le constructeur dépose un rapport auprès de la NHTSA, qui l’archive dans un registre public. Stellantis y figure deux fois en vingt-six mois pour la même caméra.
Une mise à jour qui arrive sans rendez-vous
Aucun propriétaire n’aura à passer par un garage. Stellantis enverra la correction directement aux véhicules, comme un téléphone reçoit ses mises à jour : une notification s’affichera sur l’écran central dès que le nouveau logiciel sera disponible, à charge pour le conducteur de lancer l’installation.
Le groupe reste tenu d’identifier les véhicules concernés et de prévenir leurs propriétaires. Il doit aussi rendre compte du nombre de mises à jour réellement installées. Stellantis renvoie ses clients vers le site recalls.mopar.com et vers un numéro de service, le 1-800-853-1403 ; la NHTSA permet de son côté une vérification à partir du numéro d’identification du véhicule, gravé sur le bas du pare-brise.
Cette procédure à distance épargne au réseau américain plusieurs centaines de milliers de rendez-vous, et au groupe la facture correspondante. Stellantis n’a jamais publié le nombre de véhicules effectivement mis à jour après la campagne de 2024, menée selon la même méthode.
Juin 2024, déjà un million de véhicules
La NHTSA a annoncé en juin 2024 le rappel de plus d’un million de véhicules aux États-Unis, pour un défaut logiciel capable de couper l’image de la caméra de recul. Avec le Canada, la campagne atteignait 1,2 million d’unités. Elle visait les Jeep Compass, Grand Cherokee, Wagoneer et Grand Wagoneer, les Ram ProMaster, 1500, 2500 et 3500, les Chrysler Pacifica et les Dodge Durango.
Sept noms reviennent d’une liste à l’autre : Compass, Grand Cherokee, Grand Wagoneer, ProMaster, Ram 1500, Ram 2500 et Pacifica. Les années de production diffèrent. Le symptôme, non.
Stellantis avait déjà choisi la mise à jour à distance en 2024, complétée par un courrier aux propriétaires. Les deux campagnes additionnées portent sur plus de deux millions de véhicules.
Plus bas de l’année lundi, +7,52 % mercredi
L’action Stellantis a touché lundi 17 août, jour de l’annonce, son plus bas niveau depuis un an à Wall Street. Elle a cédé 1,37 % le lendemain, pour clôturer à 5,05 dollars. Mercredi 19 août, elle a repris 7,52 %, à 5,43 dollars.
Le titre reculait déjà avant cette séquence. Il a perdu près de 48 % depuis le 1er janvier 2026, selon les estimations de la presse spécialisée, et l’annonce du 17 août est venue s’ajouter à une baisse entamée sept mois plus tôt. La correction elle-même, envoyée gratuitement aux véhicules, ne coûtera au groupe que son développement.
Le logiciel que personne ne nomme
Stellantis n’a rendu public ni le composant en cause ni le nom de l’entreprise qui lui fournit le système multimédia. Deux campagnes déclenchées pour le même motif, à vingt-six mois d’écart, sur des marques et des années de production différentes, pointent vers une pièce commune à toutes ces voitures.
Les grands constructeurs installent aujourd’hui le même équipement électronique sur plusieurs de leurs marques, ce qui leur permet d’en étaler le coût de développement sur des millions d’exemplaires. Un seul défaut atteint alors tout le parc équipé, d’où des rappels portant sur un million de véhicules ou davantage.
Ce nouveau rappel « alimente les interrogations sur la crédibilité du constructeur », a écrit Euronews, après plusieurs années de campagnes à répétition.
Reste une question que Stellantis n’a pas tranchée : la correction envoyée en août 2026 s’attaque-t-elle à l’origine du défaut ou seulement à ses effets sur les voitures produites en 2026 et 2027 ? Ni le communiqué du groupe ni le rapport de rappel n’indiquent ce qui a été modifié, depuis juin 2024, dans les procédures de contrôle du logiciel. Le prochain rapport déposé auprès de la NHTSA le dira.


