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Lancé en 2021, l’A350F devait transporter du fret dès 2025 ; il n’a jamais décollé. Airbus en a pourtant vendu 107 exemplaires, dont vingt à un transporteur américain qui n’avait jamais acheté un avion européen. Fin juillet, Guillaume Faury, PDG du groupe, a évoqué un report des livraisons en nombre à 2028. Le vol inaugural, lui, se joue maintenant à quelques semaines.
Airbus a retenu le 24 septembre comme date privilégiée pour le premier vol de son cargo A350F, selon des sources industrielles interrogées mardi. Le constructeur travaille sur une fenêtre qui peut glisser jusqu’au début du mois d’octobre. L’appareil est une version fret de l’A350, le long-courrier du constructeur européen : ni hublots ni sièges, une soute occupant toute la longueur du fuselage, et une porte de chargement taillée pour des palettes de plusieurs tonnes.
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Aucune de ces deux échéances n’a été rendue publique. Interrogé, un porte-parole du groupe a indiqué que la société n’avait rien à ajouter à ses dernières prévisions publiques, soit un vol inaugural avant la fin de l’année 2026 et une première livraison au second semestre 2027. Le 24 septembre reste une cible de travail, suspendue à un point technique qui resterait ouvert à l’issue des derniers essais au sol comme aux conditions météorologiques au-dessus de Toulouse le jour du décollage.
Ce que Lars Wagner disait le 21 juillet
Lors de sa présentation aux investisseurs du 21 juillet 2026, Lars Wagner, PDG d’Airbus Commercial Aircraft, a évoqué un premier vol « vers la fin de l’été ». Huit jours plus tard, Guillaume Faury, PDG du groupe, a confirmé un vol avant la fin de l’année 2026.
Entre ces deux formulations, l’amplitude passe de quelques semaines à cinq mois. Le 24 septembre tombe dans la première.
Les avionneurs communiquent rarement à l’avance la date exacte d’un vol inaugural, et Airbus n’a pas dérogé à cet usage pour l’A350F. Le constructeur perdrait du crédit auprès des compagnies clientes et des marchés en publiant une date qu’il ne tiendrait pas, alors que la décision finale dépend des derniers points ouverts sur l’appareil et de la météo du jour. La convergence de sources industrielles vers une fenêtre de quelques jours reste, jusqu’au décollage, la seule indication disponible.
Le calendrier tient à trois mois près
Un avion neuf ne peut transporter ni passagers ni marchandises tant qu’il n’a pas obtenu sa certification, l’autorisation délivrée par les autorités de l’aviation civile au terme de plusieurs centaines d’heures de vols d’essai. Cette phase s’étend généralement sur douze à quinze mois, selon des sources du secteur.
Un décollage le 24 septembre 2026 placerait donc la fin des essais entre septembre et décembre 2027. Airbus situe la première livraison au second semestre 2027, soit entre juillet et décembre de la même année. Les deux fenêtres se chevauchent de trois mois à peine : autant d’aléas sur les vols d’essai, et la remise du premier appareil bascule en 2028.
Airbus fabrique actuellement deux exemplaires d’A350F destinés à ces tests, sur la période 2026-2027. Le second doit rejoindre le premier en cours de campagne, une fois celle-ci ouverte par le vol inaugural. L’appareil dérive de la famille A350, déjà certifiée depuis 2014, ce qui restreint le périmètre des essais aux modifications propres au fret : renforcement du plancher principal, chargement, ouvertures pratiquées dans le fuselage.
Ce que le porte-parole ne dit pas
Guillaume Faury a déclaré, lors de la publication des résultats du deuxième trimestre 2026, que l’objectif de première livraison fin 2027 était « moins certain ». Le PDG d’Airbus a ajouté que « la livraison d’appareils en nombre significatif » pourrait n’intervenir qu’« à partir de 2028 ». Un porte-parole du groupe a indiqué dans la foulée qu’il n’y avait « aucun changement de calendrier ».
Airbus manie ici deux échéances distinctes. La première livraison porte sur un appareil unique, remis à la compagnie qui a accepté d’exploiter l’avion avant toutes les autres ; la production en série porte sur plusieurs dizaines d’exemplaires étalés sur les années suivantes. M. Faury a déplacé la seconde sans modifier formellement la première, ce qui laisse la prévision officielle du groupe intacte.
Etihad Airways a commandé dix A350F, Singapore Airlines sept. Ces compagnies construisent leurs plans de flotte sur des dates de remise échelonnées, dont aucune n’a été rendue publique.
Un décollage le 24 septembre fournirait le premier jalon vérifiable de tout ce calendrier, quelques semaines avant la publication des résultats du troisième trimestre. Rien d’autre, d’ici là, ne permettra d’arbitrer entre les propos du PDG et ceux de son porte-parole.
Une porte fabriquée à Illescas
Le programme A350F a été lancé en 2021, avec une entrée en service visée quatre ans plus tard. Reuters a rapporté en mai qu’Airbus rencontrait des difficultés dans la fabrication, en Espagne, des portes cargo destinées au nouvel appareil.
La porte principale de chargement ouvre une brèche dans un fuselage en fibre de carbone conçu pour être continu. Sa pose oblige à renforcer toute la structure autour de l’ouverture, puis à démontrer devant les autorités que l’avion résiste aux mêmes contraintes qu’avant la découpe. C’est la pièce qui sépare physiquement un cargo d’un long-courrier de passagers.
Airbus a annoncé le 23 avril 2026 avoir achevé la fabrication et l’assemblage de cette première porte sur son site d’Illescas, dans la province de Tolède, avant son acheminement vers l’usine toulousaine où l’avion est assemblé. Cinq mois séparent cette annonce de la fenêtre du 24 septembre.
Illescas a livré une porte ; le site doit en produire plusieurs dizaines pour alimenter la série. Airbus n’a communiqué ni objectif de production mensuelle, ni calendrier de montée en régime. Guillaume Faury a placé sa réserve de fin juillet sur ce périmètre précis.
2028 revient depuis octobre 2025
Le magazine spécialisé Leeham News a rapporté à plusieurs reprises que les livraisons d’A350F pourraient être repoussées jusqu’en 2028. Dès octobre 2025, des clients du programme relayaient la même échéance, malgré les démentis répétés d’Airbus.
Leeham News a repris cette hypothèse en août 2026, cette fois adossée aux propos de Guillaume Faury. Dix mois séparent la première alerte des compagnies clientes de la déclaration du PDG. Sur toute cette période, la position officielle du constructeur n’a pas bougé d’une ligne.
Aucune de ces alertes ne vise le vol inaugural. Toutes portent sur les livraisons, c’est-à-dire sur ce qui suivra les douze à quinze mois d’essais ouverts par le décollage de septembre.
Atlas Air a signé 7 milliards de dollars
L’A350F comptait 107 commandes fermes à la mi-août 2026, pour un appareil qui n’a jamais quitté le sol. L’A330F, plus petit et lancé une génération plus tôt, s’est écoulé à 38 exemplaires.
Atlas Air Worldwide en a commandé vingt. Air China Cargo, Etihad Airways et Starlux Airlines en ont retenu dix chacune, tout comme le loueur saoudien AviLease. Suivent Cathay Pacific et CMA CGM Air Cargo, filiale aérienne de l’armateur marseillais, avec huit appareils chacun, Korean Air et Singapore Airlines avec sept, Turkish Airlines avec cinq et Silk Way West Airlines avec quatre. Huit appareils du total annoncé ne sont pas attribués publiquement à un client identifié.
L’opérateur américain Atlas Air, jusque-là exclusivement équipé en Boeing, a signé en mars 2026 la première commande Airbus de son histoire : 20 appareils fermes, auxquels s’ajoutent 20 options, c’est-à-dire des exemplaires réservés que la compagnie reste libre de confirmer ou d’abandonner. Le contrat ferme est évalué à environ 7 milliards de dollars. Ses vingt avions lui seront remis entre 2029 et 2034, derrière les premiers clients servis, alors que l’appareil doit entrer en service au second semestre 2027.
Airbus avance une réduction d’émissions de 20 % par rapport aux avions cargo de la génération précédente, à capacité et distance équivalentes. Le constructeur promet également soixante-cinq jours de vol supplémentaires sur seize ans d’exploitation, gagnés sur le temps d’immobilisation au sol face aux appareils concurrents. L’avion est équipé de moteurs Rolls-Royce Trent XWB. Ces performances devront être démontrées devant les autorités de l’aviation civile, une vérification qui commence au décollage du premier exemplaire.
Cargolux attendra 2029
Boeing vise, comme Airbus, un premier vol de son cargo avant la fin de l’année 2026. Le 777-8F, concurrent direct de l’A350F, est entré en assemblage final en mai 2026 ; le prototype porte le numéro de série WG001.
L’avionneur américain part de plus loin. Boeing a annoncé en octobre 2024 le report à 2028 de l’entrée en service du 777-8F, contre 2027 initialement prévu, alors qu’une grève paralysait ses usines de Seattle. Un décollage toulousain le 24 septembre placerait Airbus en tête sur ce jalon.
Cargolux, première compagnie à avoir commandé le 777-8F, a indiqué en juillet 2026 n’attendre plus ses appareils avant 2029, contre 2027 promis à l’origine par Boeing. Pour tenir jusque-là, le transporteur luxembourgeois a acheté quatre Boeing 747-400F d’occasion auprès de China Airlines.



Magnifiques avion !! 👍👋 souhaitons lui bonne chance , dans la conquête de nouveaux Marchés !! 🇲🇫👻🇲🇫💪♥️